Capitaine Kirk, le papy entremetteur

17 juillet 2006

A 89 ans, le milliardaire d’origine arménienne Kirk Kerkorian a toute sa tête, et surtout est loin d’être gâteux. C’est à lui qu’on doit les annonces de rapprochement entre Renault-Nissan et General Motors ces dernières semaines. Lors d’un dîner avec le président de Renault organisé à Nashville à la fin du mois de juin, la nouvelle fait jour, Carlos Gohsn serait intéressé par le mastodonte américain. Pour cela, notre papy des affaires a du être convaincant, car GM tient plus du dinosaure que du géant lutteur : bien que 1er constructeur au niveau mondial, General Motors affiche des pertes de 10,5 milliards de dollars pour 2005. On comprend que le grand-père avisé veuille faire appel au redresseur de Nissan, Carlos Gohsn, pour reprendre les rênes de sa firme finissante : 25% de ventes en moins sur le marché américain en juin 2006, 30 000 suppression d’emplois, un quatuor design-marketing-technologie-qualité au plus bas, GM ne fait rêver personne.

La réputation de boucher qui précède Ghosn dans le milieu du management a séduit capitaine Kirk : quand il prend la direction de Nissan en 1999, personne n’aurait soupçonné que le patron de Renault arrive à porter le constructeur nippon à son niveau actuel : après avoir épongé une dette abyssale, Nissan se targue aujourd’hui de 990 millions d’euros de profits, et vend 3,6 millions de voitures chaque année.

Mais les raisons d’accepter le mariage à trois sont complexes : ce défi pourrait coûter sa bonne réputation à Carlos Ghosn s’il échoue, il pourrait plomber le groupe qui deviendrait un géant impossible à piloter, d’autant que le marché de l’automobile a besoin d’adapter sa production à la demande, ce que GM n’a pas du faire. Mais ce mariage entre trois consrtucteurs américains, français et japonais –une première- pourrait aussi être la victime de son entremetteur, Kirk Kerkorian, homme d’affaires peu scrupuleux capable de coups de poker catastrophiques pour les actionnaires qui restent dans le bateau quand lui l’a quitté, comme il a pu le faire avec Chrysler ou MGM dans le passé.

Vendredi, GM, Renault et Nissan se sont donnés 90 jours pour examiner les bénéfices d’une éventuelle alliance qui donnerait naissance à un géant de l’automobile vendant 15 millions de véhicules par an, soit l’équivalent de deux Toyota.

Sources : Capital, Libération, LeMonde. Photo : www.vietnamnet.vn

2000 radars en 2007

6 juillet 2006

Le gouvernement remet le paquet sur la surveillance des automobilistes en annonçant 500 radars de plus d’ici 2007, portant à 2000 son nombre total sur tout l’hexagone. Aujourd’hui, Dominique de Villepin s’est félicité de la baisse de 12 points du nombre de personnes tuées sur les route françaises en comparaison de juin 2005.

Permis à points. Réunis en comité interministériel sur la sécurité routière, les ministres concernés ont évoqué le problème des conducteurs sans permis, dont le nombre aurait triplé en un an (environ 33 000 en 2005, contre près de 9 000 en 2004). En cause, le système du permis à points. On ne peut recupérer le papier rose qu’après une période de six mois, et certains automobilistes préfèrent donc rouler hors-la-loi plutôt qu’attendre ce délai. Il faudra attendre un rapport sur la question en octobre pour voir une réforme de ce délai, sur lequel le premier ministre veut trouver un équilibre entre "responsabilité et prise en compte des difficultés auxquelles peuvent être confrontés certains de nos compatriotes".

crédit photo : la-gendarmerie.com

Le projet transports du PS en panne

6 juillet 2006

On le sait, les programmes électoraux ne correspondent que rarement à la politique menée par les gouvernants lorsqu’ils arrivent enfin aux manettes. Mais il est intéressant de regarder quand même ce que proposent les différents partis. Voyons aujourd’hui le contenu des propositions du PS, dans le domaine des transports bien sûr. Expliqué dans la première partie du projet socialiste révélée le 6 juin dernier, les mesures en faveur de l’amélioration des déplacements se résument à quelques intentions : « Nous privilégierons les transports collectifs et économes en énergie en augmentant fortement les crédits consacrés au ferroutage et en instaurant une fiscalité favorable aux transports collectifs "propres". Nous réactiverons les aides de l’Etat pour la réalisation de transports en commun urbains et augmenterons la participation des entreprises dans les frais de transports collectifs des salariés. » Moins de poids-lourds, donc, et aussi l’accent sur le développement des transports collectifs. Plus loin : « Nous introduirons une véritable fiscalité écologique généralisant la Taxation Générale des Activités Polluantes (TGAP) en incluant notamment le volet énergie qui lui fait réellement défaut. Nous créerons une taxe sur le kérosène des transports de fret et instaurerons un prélèvement exceptionnel sur les super profits des entreprises pétrolières. » On va relancer le processus du pollueur-payeur, en somme. Et mis à part la revalorisation des conditions de travail des marins et la reconnaissance du droit aux handicapés à prendre les transports en commun, c’est tout ce que j’ai pu trouver –et j’ai cherché !- dans le projet du PS pour 2007 concernant le secteur des transports. Bien sûr, rien n’est chiffré, puisque c’est une lettre d’intentions, mais justement, on ne peut pas dire qu’on veut améliorer les transports en communs sans parler de budgets supplémentaires, de modernisation des services, et de fluidité du trafic routier. Il est temps que le PS se mette au travail pour convaincre. Car si même les intentions ne font pas rêver, quid de leur réalisation ?

Les Citadins du futur

24 juin 2006

Une nouvelle émission de télé au concept sympa vient d’arriver sur France 5, c’est le samedi matin à 11h10, ça vient du Québec, et c’est très original. En plus, c’est Jacques Languirand qui commente le documentaire, un animateur radio en place depuis 1949 au Québec, et je vous assure qu’il vaut le détour !

"Le premier épisode présente Les Citadins dans le contexte d’un défi urbain unique au monde. Au cœur de Montréal, deux Français et trois Québécois s’apprêtent à démontrer concrètement que la ville rejette assez de matière encore utilisable pour restaurer avec ingéniosité un duplex laissé à l’abandon.

May, Vincent, Nadia, Jean-Pierre et Alejandro ne disposent que de 10 000€, 13 semaines et 75 litres d’essence pour remporter ce pari.

Tout au long de leur quête, ils seront accompagnés par le personnage du Philosophe, qu’incarne Jacques Languirand. En tant que témoin enthousiaste du projet des Citadins, celui-ci nous raconte leur aventure extraordinaire dans les rues de la ville. "

Le site web de l’émission : http://www.france5.fr/citadins-du-futur/index.htm

 

Les balbutiements de PX Airways : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

24 juin 2006

La présentation de la nouvelle compagnie PX Airways lors d’une conférence de presse à Montpellier le 4 mai dernier ne laissait rien présager de mauvais. Un mois et demi plus tard, l’affaire a pris un tour pathétique, comme le décrit Libération dans son édition du 24 juin.

EclipsAir et Funé-Air forment les deux mamelles de PX Airways. La première doit assurer le transport de passagers de Montpellier vers le Maroc ou le Havre. La deuxième doit rapatrier des cercueils vers le Maroc.

Le premier vol d’EclipsAir devait conduire mardi prochain des voyageurs vers le Maroc. Mais déjà, les ennuis pleuvent. Rabat, qui devait accueillir ce vol inaugural, a annulé ses autorisations pour PX Airways jusqu’au 4 juillet. La gérante de la compagnie affirme hier vouloir se désengager avec quatre des septs associés. Et le seul tour opérateur qui collaborait avec EclipsAir les quitte.

Comment en est-on arrivé là ? La journaliste de Libération Carole Rap nous apprend qu’en fait PX Airways  n’est pas une compagnie aérienne comme elle le prétendait mais une petite SARL dont l’objet est la "représentation commerciale en transport aérien." De plus, les avions auraient été loués à des tour-opérateurs et PX Airways n’aurait même pas pu mettre le dépôt de garantie nécessaire à une seule journée de vol, soit 100 000 euros.

Aujourd’hui, le directeur général de la compagnie assure que les vols reprendront le 4 juillet. Cela ne fait aucun doute.

Les Grandes Oreilles en Tunisie

19 juin 2006

Arrivée au terme de son dixième plan de développement depuis l’Indépendance (1956), la Tunisie se targue d’avoir encore augmenté ses investissements dans les transports de 20%, essentiellement pour la construction d’infrastructures. Elle poursuit une politique d’amélioration des transports en commun publics et la mise en concurrence des différents acteurs.

Nadia est mon invitée cette semaine, elle est ingénieur dans l’administration publique à Tunis. Elle nous parle des transports dans la capitale tunisienne.

Podcast                               crédit photo : Declan McCullagh

La citation du jour

15 juin 2006

Une lumineuse pensée du regretté Raymond Devos :

"C’est pour satisfaire les sens qu’on fait l’amour, et c’est pour l’essence qu’on fait la guerre."

Hausse du prix des carburants : les Français pas encore vaccinés

15 juin 2006

Malgré les 14% de hausse du prix du gazole et les 11% pour l’essence depuis le début de l’année, seuls 4% des gros utilisateurs de voiture ont diminué leur usage quotidien de la voiture ces derniers mois. Pourtant, l’étude TNS Soffres* publiée par le Parisien note qu’un tiers des automobilistes disent se tourner vers les transports collectiffs pour se rendre au travail, et même 10% auraient troqué leur 4×4 pour un scooter ou une moto. Mais l’évolution est lente, et il faudrait un litre à 2 euros pour que les Français changent durablement leurs comportements, rapporte le quotidien.

Nos voisins européens ont été apparement  moins lents à l’allumage, puisque 40% des Allemands, Tchèques ou Italiens déclarent utiliser davantage les transports en commun. Deux fois plus d’Allemands ont déjà diminué leur usage de la voiture. Ce que le responsable de cette étude Dominique Mezière attribue aux efforts faits par les municipalités pour développer les tranports collectifs.

* Etude Gie Objectif Transports Public/TNS Sofres réalisée par téléphone ou en face à face du 6 avril au 12 mai en France, Italie, Allemagne, Suède et Tchéquie auprès d’échantillons représentatifs des populations nationales de plus de 18 ans

Les Grandes Oreilles au Canada

12 juin 2006

Podcast

Le Canada, un énorme pays pour quelques 30 millions d’habitants. Mais comme leurs voisins du sud, ils ont un penchant très prononcé pour la voiture, qui s’explique par les grandes distances et un mauvais réseau de transport ferroviaire entre les états.

Mais si l’envie vous prend de partir sur un coup de tête à l’autre bout du pays, il vous sera très facile de partager la voiture de quelqu’un. Le covoiturage y a été organisé depuis de nombreuses années et a fait ses preuves.

 Ecoutez le témoignage de Catherine Mercier, animatrice de RDI Junior, un magazine d’informations pour les adolescents diffusé sur la télévision de Radio Canada. Elle habite et travaille à Montréal.

Prost aux commandes des biocarburants

9 juin 2006

Dans l’optique de donner un coup de fouet aux biocarburants, le minisitre de l’économie Thierry Breton a proposé à Alain Prost de conduire le groupe de travail sur les carburants flex-fuel -mélange d’ essence (15%) et d’éthanol (85%), appelé E85, - . Le quotidien Libération explique dans son édition du 8 juin que l’Etat veut, avec cette initiative, "réduire la dépendance énegétique" de la France en permettant aux automobilistes de choisir des véhicules carburant à l’essence ou au bioéthanol, et ce dès 2010.

Rien à voir, donc, avec le plan présenté par Dominique de Villepin dont je parlais le 2 juin, où l’on voudrait passer à 10% de biocarburants dans le volume total pour 2015. Et c’est très différent comme démarche politique : veut-on faire des biocarburants une béquille énergétique ou bien le carburant majoritaire sur le marché français ? Au niveau de la production, veut-on donner l’occasion aux agriculteurs (betteraviers, producteurs de blé, de maïs) de trouver un nouveau débouché à leurs produits, ou lancer de nouvelles exploitations complètement dédiées aux biocarburants ? Pour l’instant, Villepin ne s’est pas réellement positionné, car son intervention sur les carburants lui a servi uniquement à changer de sujet au moment où Clearstream devenait trop pesant. Mais pourquoi est-ce important ? Car la surface agricole française ne supportera pas la demande si on veut généraliser le modèle des biocarburants, ce qui veut dire qu’il faudrait passer par la case importation. Est-ce souhaitable ? Alain Prost doit proposer une ligne de conduite dans trois mois.