Le coup de gueule des compagnies aériennes britanniques
Les mesures prises la semaine dernière pour déjouer les attentats dans les aéroports britanniques ont causé des pertes importantes, et ce n’est pas du goût de la plupart des compagnies concernées. Entre les annulations de vols, la prise en charge des passagers à l’hôtel, les bagages perdus, l’ardoise tournerait autour de 50 à 100 millions de livres. Avec 40% de ses vols qui partent de Londres-Heathrow, British Airways en veut à la British Airport Authorithy (BAA), en charge de la gestion des aéroports. Pourtant le transporteur n’est pas à plaindre : 2,3 milliards de livres de chiffre d’affaires, un bénéfice d’exploitation de 211 millions de livres au premier trimestre 2006. Même l’augmentation du prix du pétrole n’a pas entamé l’excellente santé financière du groupe. Mais alors pourquoi en vouloir à la BAA ? C’est ce qu’expliquait le DG de la compagnie Willie Walsh dans le Daily Mirror : "Depuis le 11 septembre, chacun sait qu’il faille parfois renforcer les mesures de sécurité. Malgré cela, quand le moment est venu, BAA n’avait rien prévu pour que Heathrow puisse continuer à fonctionner normalement." Il aurait donc était possible d’éviter ces pertes, selon Walsh, et on tient le même discours chez Ryanair. La compagnie low-cost peste contre l’incapacité de la BAA pour désengorger les aéroports de passagers à cause des mesures de sécurité. Même son de cloche chez Virgin Atlantic, la compagnie de Richard Branson. On voudrait même que l’Etat crache au bassinet afin que les coûts exceptionnels ne soient pas reportés sur les clients.
Riposte. Désarçonné par ces attaques, le directeur de l’aéroport de Heathrow Tony Douglas soutient son personnel qui a fait preuve d’une "mobilistation fantastique". Il admet qu’il va effectivement falloir embaucher pour faire face à ces situations extraordinaires. Dans un communiqué publié aujourd’hui, la BAA précise que "la réduction des mesures de sécurité de critique à sérieuse n’est pas un retour à la normale." Point de repos à l’horizon, donc. Heathrow voit passer 63 millions de passagers chaque année, ce qui en fait le 3ème aéroport du monde. Plus de 90 compagnies aériennes travaillent dans ce que l’on considère comme étant une des plateformes de correspondance les plus importantes de l’aviation mondiale. Un cinquième terminal devrait voir le jour en 2008, ce qui devrait faciliter l’accueil des passagers, Heathrow est prévu aujourd’hui pour en recevoir 55 millions.
source : Libération