Argent sale chez Volkswagen : épisode 2
Le correspondant à Berlin du Figaro nous informe d’un nouveau scandale chez le constructeur automobile allemand, un an seulement après la révélation d’une première affaire de corruption. Cette fois-ci, les soupçons se portent sur l’équipementier français Faurecia, sous-traitant de Volkswagen, qui en échange de contrats juteux aurait "arrosé" un cadre d’Audi -filiale de VW- et un chef de service de VW à la retraite. Il n’y a rien là que de classiques échanges de bonnes manières.
Mais le procureur de Francfort ne l’entend pas de cette oreille, et il a tout de même ouvert une enquête sur une vingtaine de personnes pour des pots-de-vin allant de 600 000 à 800 000 euros. Le journal Der Spiegel affirme qu’un salarié de Faurecia a été arrêté au mois de mai dernier, dans le cadre de cette enquête. VW a confirmé, et a même ajouté en avoir mis à pied un autre pour les mêmes raisons. Dans le détail, le cadre d’Audi aurait touché 160 000 euros en cash, et aurait aussi fait embaucher sa compagne en Suisse chez Faurecia. Le directeur des achats de VW, aujourd’hui à la retraite, aurait lui eu droit à une enveloppe dodue de 139 000 euros de Faurecia, et 408 000 euros d’un autre sous-traitant.
Une fois de plus, Volkswagen se retrouve dans la tourmente. L’année dernière, le directeur des ressources humaines de la firme avait eu la bonne idée de payer des prostituées de luxe et du Viagra à des membres du Comité d’Entreprise, histoire d’être tranquille syndicalement. Poussé vers la porte de sortie, on avait appris qu’il avait également versé un million d’euros à la maîtresse de l’ex-directeur du CE. La justice colle encore aux basques de Peter Hartz suite à une plainte pour abus de confiance et favoritisme à l’égard du CE. L’enquête vise cette fois-ci treize personnes.
Le constructeur, qui négocie actuellement l’amélioration de sa compétitivité, aura du mal à faire passer ses volontés, notamment celle d’allonger le temps de travail de 28 à 35 heures, sans compensation salariale. En effet, le Comité d’Entreprise n’en veut pas, et dans cette ambiance de travail sereine, il va falloir que Volkswagen fasse preuve d’idées nouvelles. Attention, pas de pots-de-vin, hein ?