Eurotunnel sur de mauvais rails
Samedi 29 juillet 2006
Depuis deux semaines, des négociations ont lieu au sein du groupe pour décider du sort des 9,1 milliards d’euros de dette. Cette équation doit être réglée par des créanciers en désaccord entre eux. En mai, les créanciers séniors, avaient accepté de ramener la dette de 9 à 4,24 milliards d’euros. Mais les autres créanciers ne veulent pas suivre cette démarche. C’est donc désormais aux détenteurs d’obligations de faire une contre-proposition, qui comprendrait un plan de financement alternatif à celui signé par Eurotunnel. Si aucun accord n’est trouvé entre les créanciers séniors, les porteurs d’obligations et les actionnaires d’Eurotunnel, le concessionnaire se trouvera à court de liquidités et devra déposer le bilan en février 2007.Le tribunal de commerce pourrait accorder le 2 août prochain une procédure de sauvegarde à Eurotunnel, le mettant à l’abri de ses créanciers pour six mois. Mais l’aboutissement des négociations à l’heure actuelle serait inattendue.
Précisions sur Eurotunnel : groupe franco-britannique chargé d’exploiter le tunnel sous la Manche jusqu’en 2086. Leader sur le marché transmanche, il gère l’infrastructure du tunnel mais aussi deux services de navettes. Eurotunnel perçoit des redevances d’Eurostar pour le transport de voyageurs, et de la SNCF et d’EWS pour le fret. Le 7 avril 2004, un groupe d’actionnaires emmené par Nicolas Miguet avait renversé la direction du groupe.
sources : AP, Libération, Boursorama. Photo : Roctest

A 89 ans, le milliardaire d’origine arménienne Kirk Kerkorian a toute sa tête, et surtout est loin d’être gâteux. C’est à lui qu’on doit les annonces de rapprochement entre Renault-Nissan et General Motors ces dernières semaines. Lors d’un dîner avec le président de Renault organisé à Nashville à la fin du mois de juin, la nouvelle fait jour, Carlos Gohsn serait intéressé par le mastodonte américain. Pour cela, notre papy des affaires a du être convaincant, car GM tient plus du dinosaure que du géant lutteur : bien que 1er constructeur au niveau mondial, General Motors affiche des pertes de 10,5 milliards de dollars pour 2005. On comprend que le grand-père avisé veuille faire appel au redresseur de Nissan, Carlos Gohsn, pour reprendre les rênes de sa firme finissante : 25% de ventes en moins sur le marché américain en juin 2006, 30 000 suppression d’emplois, un quatuor design-marketing-technologie-qualité au plus bas, GM ne fait rêver personne.
Le gouvernement remet le paquet sur la surveillance des automobilistes en annonçant 500 radars de plus d’ici 2007, portant à 2000 son nombre total sur tout l’hexagone. Aujourd’hui, Dominique de Villepin s’est félicité de la baisse de 12 points du nombre de personnes tuées sur les route françaises en comparaison de juin 2005.
Expliqué dans la première partie du projet socialiste révélée le 6 juin dernier, les mesures en faveur de l’amélioration des déplacements se résument à quelques intentions : « Nous privilégierons les transports collectifs et économes en énergie en augmentant fortement les crédits consacrés au ferroutage et en instaurant une fiscalité favorable aux transports collectifs "propres". Nous réactiverons les aides de l’Etat pour la réalisation de transports en commun urbains et augmenterons la participation des entreprises dans les frais de transports collectifs des salariés. » Moins de poids-lourds, donc, et aussi l’accent sur le développement des transports collectifs. Plus loin : « Nous introduirons une véritable fiscalité écologique généralisant la Taxation Générale des Activités Polluantes (TGAP) en incluant notamment le volet énergie qui lui fait réellement défaut. Nous créerons une taxe sur le kérosène des transports de fret et instaurerons un prélèvement exceptionnel sur les super profits des entreprises pétrolières. » On va relancer le processus du pollueur-payeur, en somme. Et mis à part la revalorisation des conditions de travail des marins et la reconnaissance du droit aux handicapés à prendre les transports en commun, c’est tout ce que j’ai pu trouver –et j’ai cherché !- dans le projet du PS pour 2007 concernant le secteur des transports. Bien sûr, rien n’est chiffré, puisque c’est une lettre d’intentions, mais justement, on ne peut pas dire qu’on veut améliorer les transports en communs sans parler de budgets supplémentaires, de modernisation des services, et de fluidité du trafic routier. Il est temps que le PS se mette au travail pour convaincre. Car si même les intentions ne font pas rêver, quid de leur réalisation ?